Le visage de la misère

Lorsque je vois la faim fouiller dans les poubelles,
Je prends conscience du poids de nos escarcelles.
Quand nos instincts de cette maladie
Ne parvient à chasser l’agonie,
Et qu’ils la renforcent sans cesse
Jusqu’à la dernière prouesse,
Ils nous font boire jusqu’à la lie
Les injustices de la vie.

Et c’est la terre des meurtres passés
Qui vient agrandir la fosse des miséreux.
Et ce sont les corps et les dépouilles entassés
Qui nous font prendre conscience d’eux.

C’est une peste sans symptômes
Qu’on fait pousser dans les dômes
Des taxes et des institutions
Dont on fabrique les munitions.

Et on y travaille à cette société pleine d’amour
Où fleurit au grand jour
Le crime et l’avidité
Cachés sous les traits de la protection de l’individualité

Qu’il est morne ce libéralisme déconstruit
Qu’il est usé, qu’il est détruit,
Par la force d’un capitalisme sans conscience
Dont nous observons aujourd’hui la présence.

Nos choix renforcent chaque jour l’amour portée
À cette toute-puissante entité.
Notre société alimente l’assurance de cette continuité
Que l’on paie en pensant l’avoir achetée.

 

La Fée Morgane