Soumission, humiliation

Soumission, humiliation… Cet étrange mélange de culpabilité, ce combat moral dont la fibre se tend jusqu’à la dernière extrémité, ce renoncement au plaisir immédiat pour accéder à une explosion de sensations, toutes plus intenses les unes que les autres, mystérieuses et magiques, ce cheminement vers une recherche d’autre chose, c’est un appel à explorer nos limites, à nous dépasser…
Pénétrer ton esprit pour en extraire rêves et chimères, trouver ta position dans les labyrinthes de la conscience, te diriger vers des chemins à s’y perdre jusqu’à les connaître tellement qu’ils finissent par nous céder leurs clefs.
Laisse-toi aller dans une progression de douceurs qui mènent à des douleurs impalpables. Accorde-moi ta confiance pour que je puisse y puiser toute l’essence de ton plaisir.
Confie-moi ta conception de la volupté, je trouverai les accords donnant naissance à quelque mélodie. Puisse ce chant t’élever vers d’infinies nuées, parsemées d’étoiles et d’aurores boréales !

 

La Fée Morgane

Le voyage des saisons froides

En automne, je m’allonge sur le béton;

Plonge mon esprit d’illusion.

Lorsque le froid est sereine délusion,

Je pressens la tombée du premier grêlon.

L’automne n’est qu’un passage

Pour contenter l’absence de l’âge

Où tout était en train de fleurir.

Maintenant il me faut vieillir.

Chaque saison a nouveau visage.

Chaque seconde est un mirage.

Moi je suis là où attend sur le rivage,

La barque du Sage.

Celui qui voit passer le présent avec délectation

Et ne sera pas moins sans attention

Au regard du futur, aux résistances passées…

À la braise de ses yeux que le temps n’a su dompter !

Au chant de ses rides fatiguées !

À la passion de l’embarcation qui l’a pu porter !

 

La Fée Morgane

Le sable de mes pensées

Quand le passé et ses rancunes sont trop lourds à porter mieux vaut les laisser en chemin. Quand la haine n’est qu’une expression voilée de l’amour, traduite par la jalousie et l’envie, je laisse sécher les sentiments sur la terre de silice. Les souvenirs ont une autre image, salés par l’écume ou dilués dans les vagues.
La plage serpente la mer et la terre cède ses remparts. Quand il n’y a plus que l’espace et l’infini, c’est l’aube d’une nouvelle vie.

 

La Fée Morgane

Le Feu

Une flamme et ma conscience s’allume.
C’est ma vie qui s’éteint…
Des cendres, comme celles du corps,
Le corps semi-mort qui aspire la flamme.
Combat contre moi,
Contre ce plaisir indécent qui toujours m’appelle;
Comme une monotonie qu’on apprivoise avec envie.
Et cette âpreté, du même gris que l’effluve,
Dans une vague hivernale, c’est elle qui semble me rapprocher,
Du temps des flocons,
Où tôt ce matin, le brouillard s’est levé pour brimer le vide,
Pour compenser l’absence…
Entre ma bouche et mes doigts s’opèrent un étrange rituel,
Et j’entends mon esprit murmurer une sourde ritournelle…
Il faut arrêter. Il faut arrêter.
C’est un coupable rappel qui me force à songer,
À ta parcimonie, Épicure, que les temps ont altérée,
Mais qui fut le possible accès à toutes les majestés…

 

La Fée Morgane