Ordure, Argot, Prose et Poésie, extrait

Envie de m’immoler

Des larmes flamboyantes pour lécher l’étendue salée,
Précipiter le minéral encore brûlant et chaud,
Comme au premier sortir de la Terre pour en exulter sa force,
C’est force de mourir, c’est force de renaître,
Lorsque nous marchons dans l’affliction la plus totale
De l’ignorance de notre forme prochaine,
Méconnaissance de la consistance dans laquelle nous nous achèverons,
Interrogation de ce que nous en résulterons.

Envie de m’immoler et d’être bien consciente du passage à ma nouvelle nature;
Feu puis fumée, poussière et peut-être même idée ?

Envie de m’immoler pour me couvrir de toutes ses pensées
Qui du temps de mon vivant m’affligeaient jusqu’au regret.
Je les laisserai se consumer contemplant tour à tour,
Chaque mépris dans ma détresse,
Chaque injure dans ce que la dignité vole au respect,
Dans ce que la pauvreté brode témérairement autour de la position sociale
Et des institutions.

Je les regarde me maudire.
J’ai envie de m’immoler pour leur dire que passagère ou non,
Pauvreté n’est pas un délit et que si Pitié ne peut forcer Empathie,
On espère de Respect qu’il nous fasse un dernier retranchement
Dans ce que la misère a d’injuste et de honteux.

R.A. alias La Fée Morgane

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